Le souveniriste

RECONNAISSANCE

25 janvier 2013

A l’intention de tous ceux et celles qui ont ouvert, à la jeunesse, les portes
de la vie. Enseignants, éducateurs, instructeurs, entraîneurs…

Sous la houle argentée qui plane sur vos têtes
Couvent encore des trésors pour un bref avenir.
Vous avez éclairé l’aveugle analphabète.
Forgé la volonté des hommes à venir.

Des milliers d’yeux inquiets, dans les vôtres, ont cherché
La force et la lumière qui leur était cachées.
Vous avez distillé, presque à chaque seconde,
La science et la beauté parmi les têtes blondes.

Jamais n’avez dressé l’austère discipline
En obstacle au progrès de l’enfance curieuse
Mais plutôt, garde-fou du côté de l’abîme,
Lui avez épargné la chute périlleuse.

Plus grands que pharaons, que rois et empereurs,
Plus haut que des clochers, mosquées, et tours d’ivoire
Vous avez édifié, compagnons bâtisseurs,
À l’ombre de la gloire, les temples du savoir.

École

13 janvier 2013

École geôle déjà !
Des grilles y figent mes pas.
La cour où courent des rois.
Marmaille qui piaille me noie.
En rang les grands me broient.
Sarcasmes effacent le moi.
La cloche décroche ma voix.
Silence! absence de joie.
Maîtresse me blesse les doigts
Bureau! bourreau tais-toi!
Vacances la chance deux mois.
Été gaieté chez soi.

Qui est-il ?

13 janvier 2013

Il y a le Platonique, le Vache, le Grand,
Le Fou, le Romantique,
Le Naissant, l’Adolescent,
Le Captif, le Tardif,
Le très noble de la Patrie
Pour lequel on donnerait sa vie.

Il y a celui des enfants,
De la terre, et même de l’Argent.
Celui qu’on fait en vitesse,
L’Aventurier le Romanesque
Tous amoureux de la nature
De la montagne et du grand large.

L’ Amour des uns, l’ Amour des autres,
Le tien, le sien, le leur, le vôtre.
Il est partout ! Qui est-il donc ?
De Cupidon la flèche agile ?
La Charité des évangiles ?
Dans les prisons, dans les écoles.
Dans les hospices il bénévole,

Menus amours en petits tas
On les voudrait tous éternels
Qu’ils s’écrivent avec un grand A.
Le mien est simple et fraternel
Et l’offre à qui en voudra.

Nativité en songe

13 janvier 2013

Dans un lit de pin blanc sommeillait une belle
Qui, dans ce bois dormant, rêvait de beaux Noëls.

« Un Joseph menuisier aux allures paternelles
La berçait joliment au rythme du rabot
Formant un nid moelleux avec les doux copeaux.

Une fée aux doigts d’or, penchée sur son enfance,
Prenait dans l’air glacé l’aiguille de diamant
Qu’elle enfilait alors avec grande patience
D’un fil d’argent glané à la barbe du temps.

Lorsqu’allait s’évanouir ce tableau éphémère,
Un beau mage, venu du bout de l’horizon,
D’une étoile inconnue lui offrit les rayons
Avant de regagner les confins de la terre.»

Éveillée, la dormeuse sortant de ce songe charmant
Comme on quitte à quinze ans les jeux du premier âge,
Les yeux encore mi-clos, elle repensait au mage
Lui offrant, en présent, promesse d’un enfant.

Nos chers petits

13 janvier 2013

Les enfants cerfs-volants aux rêves arc-en-ciel,
Réjouissent les parents qui tiennent la ficelle
Arrimée à leurs yeux, amarrée à leur coeur.

Balancés par la brise ils dansent dans le vent.
Un jour la corde brise et de leurs propres ailes
En ramiers voyageurs vers des terres nouvelles
Ils s’en vont, insouciants, quérir d’autres bonheurs.

Reviendrez-vous souvent, messagers, messagères,
Revoir vos doux berceaux, vos gâteaux, vos joujoux,
Nous parler, souvenirs, en termes un peu fous ?

Ah! qu’il faisait bon rire et bâtir l’avenir
En nous aimant beaucoup
EN NOUS AIMANT BEAUCOUP !

Québec un Pays

22 janvier 2010

I
La bravoure de nos Pères
Nous a préparé la terre
Avec un supplément d’âme
Nous rallumerons la flamme.
De notre fraternité.

II
Pour que nul ne paralyse
Nos lois et nos entreprises
Qu’aucun maître nous bâillonne
Nous enchaîne sans vergogne
Vivons dans l’égalité.

III
Le jour se lève sur nos rêves
La noirceur de la nuit s’achève
Avec ardeur à la tâche
Le Québec un Pays prend place
Marchons vers la Liberté.

Jacques Fabre 22 janvier 2010

Pays se lève

28 octobre 2009

Un jour le Pays que j’aime, s’était assoupi
Dans les jardins de la reine, s’était endormi
Rêvant sous un rouge érable qu’il faisait son nid.

Réveillé par sa jeunesse, il s’est ressaisi
Ah! mon dieu! que de paresse, faut sortir du lit
Jugeant cela préférable, il est reparti.

Maintenant à petits pas on sent qu’il revit
Au petit trot il s’en va avec ses amis
Puis au galop il s’emballe, fini les jours gris.

Le Québec « un Pays » ça marche! C’est mon humble avis
Avec ardeur à la tâche ce pays conquis
Deviendra libre et enviable aux Nations-Unies.

Vive le beau Pays qu’est notre Pays!

Ma langue belle

11 mars 2007

Qu’ai-je fait de toi ma douce, ma suave?
De tes généreuses mamelles Lecture et Écriture
Tu m’as nourri d’un lait riche coulant en mes lèvres avides de Savoir.

Tu m’abreuvais ainsi, maternelle, d’une eau pure entre mes dents
Comme ruisselet en cascades mélodieuses sur les galets de la vallée.

Et voilà que j’ai cru bon de parer ta gorge paysanne
De perles exotiques et de pierres prétentieuses.

Naïvement j’ai voulu embellir ton corps
Cuivré au soleil de nos juillets brûlants
Et trempé comme acier dans nos janviers de givre.

En t’attifant ainsi de pagnes colorés, de dentelles nordiques
Et autres pacotilles j’ai ridiculisé ta robe somptueuse.
Elle n’est plus qu’un comique costume d’arlequin
Tel le manteau rapiécé de notre « SOL » magicien.

Maintenant que ferai-je? Toute prière est vaine
Molière n’y peut plus rien, retourné dans sa tombe!
Don Quichotte non plus il est parti aussi.
Cent un coups d’épée dans le vent n’abattrons les moulins à venin.
À qui appartient-t-il alors de te défendre?
La loi est anémique et le roi aux reliques.
Ah! le roi, il est mort et morte aussi la reine

Un grand monarque est né. Il se nomme moi-même
Il est un roi qui dort en chacun de soi. Vive toi! Vive moi!
Il n’est pas vêtu d’or, de pourpre ni de soie, mais peut dire :
« Je le veux » pour autant qu’il y croit.

Il n’appartient qu’à moi de te faire survivre,
T’embellir et t’aimer, te chanter te mieux dire.

CONTAGIEUSE LIBERTÉ

10 mars 2007

Tant que nous n’aurons pas semé aux quatre vents,
En nos terres fertiles des campagnes et des villes,
De Hull à Blanc Sablon, de Val d’Or à Gaspé,
Le bon grain souverain nos efforts seront vains pour nous émanciper.

L’idée de liberté n’est pas idée d’un jour
Que fredonne en passant un joyeux troubadour,
Ni fumeuse pensée de secte illuminée,
Non plus que pirouette de l’amuseur du roi;
Trois petits tour et puis s’en va,
Comme rires de clown qui se fondent en larmes.

C’est bien le cri puissant de l’enfant nouveau-né
Qui respire et veut vivre quand la mère le délivre.
Et c’est la lourde marche inscrite dans l’Histoire
Dont les pas sonnent encore sur notre sol d’espoir.

Ces pionniers, ces pionnières ont enrichi nos terres
De sueur et de sang. Ces pendus, ces brûlés,
Ces glorieux patriotes, écrasés sous la botte.
Laisserons-nous gaspiller si précieux héritage?
Écouterons-nous longtemps ces oiseaux de malheur?
Ces lugubres corbeaux qui distillent la peur.
Les gazettes et les ondes qui endorment le monde?

Au nouveau millénaire, réveillons-nous mes frères!
Le blé est mûr, la terre est dégelée et l’ivraie arraché.
Sans nous laisser distraire par les chants de sirènes
Des sondages savants, de beaux discours à droite,
À gauche des grincements. Sans compter notre peine
Rallions tous les rangs et marchons fièrement.

Beau Québec, tu vaux bien cette peine!

Par les rocs solides, montagnes Laurentides,
Par l’immense toison du poumon boréal,
Par les milliers de lacs qui retiennent les eaux
D’où coulent les rivières nourricières
Des mammifères marins dans le large estuaire
Du Saint-Laurent géant.
Par six millions d’humains qui, la main dans la main
Et le regard braqué vers de beaux lendemains
D’une voix unanime entonneront leur hymne
Debout en un seul choeur au concert des Nations.

NOM D’UN PAYS

10 mars 2007

Par très grand vent de poudrerie je chasse neige en plaines et monts
N’en déplaise à Gilles notre ami car l’hiver ne sera plus mon
Pays froid, figé transi. Je le veux vert et flamboyant.
Mon pays, lui, sera printemps.

Je ne serai plus l’épinette ployée sous le manteau blanc.
Enfin je lèverai la tête, digne comme les humbles gens.
Je cultiverai mon propre lopin, mes arpents de neige repeints
En vert, en jaune, couleur des blés, mon pays lui sera l’été.

Passe encore qu’il soit l’automne avec ses grands tableaux de maîtres
D’érables, de bouleaux, de hêtres. Quand dans l’air frais déjà résonne,
Aux célestes sentiers migratoires, le cri des oiseaux de passage qui
déssinent dans leur sillage les grands”V” de vie, de victoire.
Je sens aux battements de leurs ailes poindre une liberté nouvelle.

Quand j’aurai fait craquer la glace qui me tenait fossilisé,
Je reprendrai toute la place par mes ancêtres défrichée.
Avec mes voisins partenaires, d’égal à égal, je vais échanger,
Mon or, mon argent, mon fer et tous les bons fruits de mon verger.

Je ne serai plus méconnu mais reconnu du monde entier.