Textes « Le souveniriste

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LES REVENANTS

samedi 25 février 2006

À ceux et celles qui ont tant donné pour notre indépendance.

LES REVENANTS

Ces hommes et ces femmes désormais disparus
Seraient-ils en moi-même aujourd’hui revenus?
Dans mes os, dans mon sang et jusque dans ma chair
Bien souvent je ressens le poids de vies entières .

Mes jarrets endurcis et mes pas alourdis
Scandent leurs longues marches de trappes et de draves .
Aux sentiers des portages, leurs lourds canots d’écorces
Me ploient dessous la charge et me grugent les forces .

Les esprits des ancêtres désormais disparus
Seraient-ils en ma tête aujourd’hui revenus ?
Tout mon crâne s’enflamme !
En ma cervelle s’amoncellent et se mêlent
Et s’empressent et m’oppressent
Les plans des bâtisseurs et gouverneurs aux négoces habiles
Par lesquels s’ouvrirent les routes et surgirent les villes
Et les ponts et les ports et le chemin du roi .

À ma gorge l’angoisse de la corde qui au pied du courant
Prit la vie de nos gens .
Devant tant de vaillance, devant tant de labeur
Faible est ma souvenance .
Aurai-je encore au cœur cette maudite peur ?

Honte â moi veule indécis ! Velléitaire de carrière !
Qui ne lèverait pas, même du bout des doigts,
La plume pour tracer une croix lorsque l’on met aux voix
Ce mot OUI qui signerait ce Pays .

Ces hommes et ces femmes loin dans nos souvenirs
Devraient-ils en nos âmes aujourd’hui revenir ?

Nos phares

samedi 25 février 2006

À vous tous qui nous éclairez sur les sentiers de liberté; meneurs, écrivains, chanteurs…..

Les marins qui naviguent aux abords de nos côtes
Sur le fleuve puissant
En observant la terre y découvrent souvent
Un fier donjon de pierre
Dressé depuis longtemps au sommet des falaises

Il disparaît soudain, caché par les murailles
Apparaît à nouveau et derrière un clocher
Se marie au village, pour enfin émerger
En dominant le large .

Ce phare sans recours quand la brume traîtresse
Efface le rivage en tombant plus épaisse,
Appelle l’âme sœur,
Il lui faut la lumière pour percer la noirceur
Et montrer le chemin. Tout au long de vos vies vous le fîtes si bien

Ne vous écroulez jalons de notre route
Ne vous éteignez pas fanaux de nos survies
Car bientôt mes amis, dans peu de temps encore
Nous ne tarderons pas
A rentrer dans le port.

Aux pionniers

samedi 25 février 2006

« Ils ont traversé les mers, partis du vieux pays Franc.
Ils ont exploré les terres de ce vaste continent,
En canot sur les rivières, en raquettes dans les bois,
Ont trappé de mille pièges, riches fourrures pour le Roi
Qui les payait de prières au nom du Pape et d’la Foi .

Gens du Pays! de quel pays ai-je l’oubli ?
Mais en ce jour de leur parcours je me souviens .

Ils ont goûté la misère plus souvent que le pain blanc
Enduré les longs hivers sous la neige et le grand froid .
Ils ont bâti leur chaumière de bois taillé carrément .
Ils ont défriché la plaine avec les Filles du roi
Semant des familles fières le long du fleuve géant .

Gens du Pays! de quel pays ai-je l’oubli ?
Mais en ce jour de leurs amours je me souviens .

Parfois ils ont fait la guerre pour qu’on respecte leur droit.
Sous la botte d’Angleterre plusieurs ont versé leur sang .
Quand on voulut les faire taire ils ont élevé la voix .
En la langue de leur mère ils nous ont laissé ce chant
Pour dire à la terre entière nous serons des Québécois .

Gens du Pays ! de quel pays ai-je l’oubli ?
Mais en ce jour de leur bravoure je me souviens . »