Qu’ai-je fait de toi ma douce, ma suave?
De tes généreuses mamelles Lecture et Écriture
Tu m’as nourri d’un lait riche coulant en mes lèvres avides de Savoir.
Tu m’abreuvais ainsi, maternelle, d’une eau pure entre mes dents
Comme ruisselet en cascades mélodieuses sur les galets de la vallée.
Et voilà que j’ai cru bon de parer ta gorge paysanne
De perles exotiques et de pierres prétentieuses.
Naïvement j’ai voulu embellir ton corps
Cuivré au soleil de nos juillets brûlants
Et trempé comme acier dans nos janviers de givre.
En t’attifant ainsi de pagnes colorés, de dentelles nordiques
Et autres pacotilles j’ai ridiculisé ta robe somptueuse.
Elle n’est plus qu’un comique costume d’arlequin
Tel le manteau rapiécé de notre « SOL » magicien.
Maintenant que ferai-je? Toute prière est vaine
Molière n’y peut plus rien, retourné dans sa tombe!
Don Quichotte non plus il est parti aussi.
Cent un coups d’épée dans le vent n’abattrons les moulins à venin.
À qui appartient-t-il alors de te défendre?
La loi est anémique et le roi aux reliques.
Ah! le roi, il est mort et morte aussi la reine
Un grand monarque est né. Il se nomme moi-même
Il est un roi qui dort en chacun de soi. Vive toi! Vive moi!
Il n’est pas vêtu d’or, de pourpre ni de soie, mais peut dire :
« Je le veux » pour autant qu’il y croit.
Il n’appartient qu’à moi de te faire survivre,
T’embellir et t’aimer, te chanter te mieux dire.