Le pain chaud « Le souveniriste

Le pain chaud

“je me souviens” de celles et ceux qui ont travaillé à bâtir ce Pays et n’en verront pas la souveraineté.

Le pain chaud

Du geste auguste du semeur, ils ont dans les champs de la peur
Emblavé sillons et labours de semences de paix et d’amour
Ouvriers de la première heure peut-être jamais ne verront
Se lever la jeune moisson .

Les moissonneurs aux longues faux courbés sous le soleil chaud
Ont couché le froment sur l’herbe puis en faisceaux dressé les gerbes
Ouvriers de la onzième heure, peut-être jamais ne verront
Engranger la lourde moisson.

Des glaneuses plus tard sont venues pour assembler de leurs mains nues
Maigres épis mêlés de fleurs dans le champ du bonhomm’ sept heures
Ouvrières de toutes les heures peut-être jamais ne verront
Battre la chère moisson .

À la grande roue du meunier les porteurs d’eau venus verser
Leurs seaux pour animer la pierre qui broie le blé des vies entières
Avec d’autres venus de loin, aux grandes ailes du moulin
Ils sont passés en coup de vent et comme il advient trop souvent
Ils ont soufflé tant qu’ils ont pu mais n’ont pas vu le grain moulu

Des compagnons de tous les âges dans le pétrin avec courage
Brassèrent la pâte à pleine main mais ne seront plus là demain
Pour voir le travail du levain .

Au fournil les boulangers toute la nuit des fagots ont brûlés
Et bien avant le petit jour, sur la plaque chaude du four
Du bout de leur long bâton ont aligné les blonds pâtons
Artisans de la dernière heure, quand le soleil sera levé
Ne verront pas le pain doré .

Enfants de la terre promise lorsque la table sera mise
Qu’ensemble romprez le pain chaud
Gardez-leur au moins un morceau!



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